Gilles Peyroux

Envie de me connaître un peu plus ? Vraiment ? Fuyez, pauvres fous !

Gilles Peyroux naquit en l’an de grâce mille neuf cent quatre-vingt-trois, dans la cité de Bayonne, province du Labourd. Rien ne le prédestinait à… Bon, je déconne, évidemment. Je ne vais pas vous balancer une biographie à la troisième personne. Ça fait un peu Louis XIV (encore qu’il utilisait la première personne du pluriel, mais je ne suis pas là pour des cours d’histoire moderne, Stéphane Bern peut très bien s’occuper de tout ça). Bref, Be Kind Rewind (et attention, ça va être un peu long).

Hear Me Roar !

Je suis un né un 1er janvier. Rien que cela devrait m’attirer votre sympathie, car il n’est jamais agréable de voir la quasi-totalité de ses connaissances oublier de vous souhaiter votre anniversaire parce qu’ils sont trop occupés à raboter leur gueule de bois (et, croyez-moi, quand on n’est pas ébéniste, c’est pas un truc à faire).

Notez bien que je ne dis pas ça pour me plaindre, oh que non ! Je suis un type foncièrement arrangeant. D’ailleurs, j’ai décidé de pointer le bout de mon nez à 10 heures du matin, histoire de laisser mes parents réveillonner. Ma mère me répète souvent que j’ai baigné dans du Poyac et autre Château Margaux avant de m’échouer à la surface de la Terre. J’avoue que je préfère ça plutôt que d’avoir mariné dans du Ricard tout en étant ballotté sur du Patrick Sébastien dans la salle des fêtes d’Houquisson-les-Andouilles. On verra là une certaine forme de snobisme. Je le concède et l’assume.

Je naquis donc un 1er janvier. Et mon enfance passa. Je vais faire une avance rapide parce qu’il n’y a pas grand-chose à en dire et que vous n’êtes pas mon psy.

Nous arrivons donc à l’adolescence. Les boums, les appareils dentaires, les boutons d’acné, Dave et les jeunes filles en fleurs… ainsi que ma première véritable rencontre avec l’écriture.

Sic Parvis Magna

Jusqu’à mes 15 ans, on ne peut pas dire que j’aie fait grand cas de l’écriture. Ni même de la lecture. J’étais plutôt du genre grand air, à gambader dans la prairie (Laura Ingalls style), tapant bien plus souvent dans un ballon de foot que dans un bouquin. Mes parents devaient même me forcer à lire (mes seules lectures étaient les « livres dont vous êtes le héros »). En cours, c’était pire : je ne lisais que les résumés et parfois les premiers et derniers chapitres. Pratique que je condamne totalement maintenant et qui m’a gâchée la fin des Dix Petits Nègres d’Agatha Christie (je ne me le pardonnerai jamais). Mon premier choc littéraire sera Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Je suis alors en classe de 4eme et je me dis qu’en fait la littérature ça peut quand même vous procurer de sacrées sensations, un peu comme une victoire du Paris Saint-Germain sur l’Olympique de Marseille. Toutefois, il va falloir un an de plus et un sérieux problème de santé pour que cette révélation prenne tout son sens.

Je ne vais pas entrer dans les détails mais disons que pendant près de 6 mois, je ne serai pas en état de pratiquer mes gambades en plein air et, confiné en intérieur, je vais donc me mettre à lire frénétiquement. Drôle de phénomène. Comme si je m’étais sevré trop longtemps et que pour rattraper le temps perdu j’étais pris d’une boulimie de lecture. À cette période de ma vie, je dois lire près d’un livre par jour. Essentiellement des romans historiques et des polars. Et puis, un dimanche où je n’ai pas de livres sous la main et que je suis en manque d’histoires, je décide d’en écrire une. Pour mon plaisir tout personnel. On est loin des rédactions à rendre ou à faire en cours de français. Et ça change tout.

Ma première histoire se nomme Ogorum, ou l’homme aux trois noms. J’en suis fier, elle est géniale. En fait, elle n’est pas terrible et surtout sans fin. Je ne le sais pas encore mais ce truc avec les histoires inachevées ne fait que commencer. Parce qu’il va y en avoir plein, des histoires sans fin. Et ça n’a rien à voir avec Bastien ou le monde de Fantasia. Elles vont m’accompagner au lycée, à la fac, au chômage, à l’IUT Métiers du Livre et de l’Édition, jusqu’à ce que je comprenne que pour conjurer le sort il faut que je fasse plus court, plus ramassé. Des nouvelles. Et c’est ainsi que va naître Amours biodégradables, mon premier livre, mes premières histoires achevées. Et première fois où je me suis vraiment senti « auteur ».

Je voudrais pouvoir dire que l’écriture prend une grande partie de mon existence. Mais c’est loin d’être le cas. Ce n’est pas pour rien que je me qualifie d’auteur nonchalant. Quand on est à la maison, devant son écran et son clavier, les tentations sont grandes lorsqu’on a un caractère prompt à la procrastination. Chez moi, il y a trois passions qui interfèrent avec l’écriture (pour le pire mais parfois aussi pour le meilleur car j’y puise motivation, émulation et inspiration).

Cinéma, cinéma, cinéma, cinéma… tchi tcha !

Le premier film que je me souviens avoir vu sur grand écran est le Fantasia de Walt Disney. Je devais avoir 3 ou 4 ans et la scène d’extinction des dinosaures m’avait sacrément marquée, à tel point que dans les mois suivants je saoulais tout le monde à la maison avec les noms des animaux du Paléozoïque.

À la télé, c’est la diffusion un soir de Goldfinger qui m’a remuée. Imaginez : vous êtes un petit garçon de 7 ans et devant vous défilent une fille recouverte d’or, une voiture avec siège éjectable et lance-roquettes, un type qui se sert de son chapeau comme boomerang mortel, et un héros qui a toujours le bon mot et la classe. Comment ne pas trouver ça cool, le cinéma ?

Après on grandit avec La Dernière Séance d’Eddy Mitchell, le Cinéma de Quartier de Jean-Pierre Dionnet, les westerns spaghettis, les péplums, les films de capes et d’épées, les aventures sur les continents perdus, oubliés ou des hommes-poissons. Mon côté cinéphage vient certainement de là. Et c’est sans doute aussi pourquoi j’ai inconsciemment une façon visuelle d’écrire, et que je me focalise beaucoup sur les dialogues. Pas surprenant non plus que la bande dessinée m’attire (cet art étant le compromis parfait entre littérature et cinéma).

Let’s The Music Play

Et ça ne va donc pas vous étonner, si je vous avoue que mon genre musical préféré est la Musique de film. Genre qui fait le ponts entre tous les genres musicaux. Ce goût prononcé déteint sans doute sur les petits morceaux que je compose. Créer de la musique est assez récent pour moi. Avant j’étais bien plus dans l’interprétation. Étant originaire du Sud-Ouest, j’ai bien évidemment fait mes armes dans la batterie-fanfare locale avant d’embrayer dans les bandas (prononcer bandâsses si vous êtes au dessus de la ligne Bordeaux – Grenoble). Puis est venu le temps des petites formations de rue où on joue moins la partition à la note près que son interprétation dans l’esprit, favorisant ainsi de grandes plages d’improvisation. Ce fut un réel renouveau musical pour moi, et sans doute mes meilleurs souvenirs de musiciens (ces moments où l’on a l’impression de devenir soi-même l’instrument et où rien ne compte si ce n’est la mélodie qu’on produit ; ou qui nous produit, qui sait ?).

Enfin, après plus d’une quinzaine d’années à souffler dans un instrument (clarinette et saxophone), à jouer en groupe, j’en ai eu marre. Alors je me suis mis à la guitare et au piano, avec cette volonté d’abord de jouer seulement pour moi. Ma découverte de la musique assistée par ordinateur m’a permis de me mettre à composer sans connaître particulièrement les principes inhérents à cette science. Et c’est ainsi que vous pouvez trouver sur ce site les morceaux que je crée. La musique étant prépondérante dans mon travail d’écriture (je sélectionne toujours soigneusement les morceaux qui vont m’accompagner durant mes sessions de travail), je ne désespère pas, à l’avenir, de composer moi-même des bandes originales pour mes futurs livres.

He Got Game

J’en arrive maintenant à la passion qui a pris de plus en plus importance au fil des années : le Jeu vidéo. Ça a commencé comme beaucoup de gens de mon âge avec Space Invaders sur Atari 2600. En l’occurrence, l’Atari 2600 de mon cousin car ma première console sera la Mega Drive de SEGA (mes parents daigneront me l’acheter d’occasion au moment où la PlayStation sortira en France – tu parles d’un mec à la page). Mon cousin, lui, a eu la plupart des consoles et c’est essentiellement chez lui que je vais me sensibiliser au jeu vidéo. Également avec le jeu en réseau local sur les deux ordinateurs qui trônaient dans le bureau de ses parents (je suis d’ailleurs plus joueur PC que consoles). J’adorais jouer avec des potes, contre des potes, contre la machine. Mais ce n’était pas encore à proprement parlé une passion.

En fait, mon réel amour pour ce média va venir en même temps que mon engouement pour l’écriture. Sans doute parce que, lorsque j’écris, ce qui me plaît avant tout, c’est de me raconter une histoire que je vis en même temps que je la développe. Jouer à un jeu vidéo, procure la même sensation. On ne crée pas l’histoire mais, si le jeu est suffisamment bon, l’implication qu’on a en tant que joueur fait qu’on a l’impression de nous-mêmes la bâtir. On se rapproche des fameux « livres dont vous êtes le héros ». C’est certainement pour cela que, maintenant, je joue quasi-exclusivement aux jeux privilégiant l’histoire, les personnages et la narration plutôt que le gameplay et le « skill ». Je ne suis donc pas un hardcore gamer.

Par contre, je suis plutôt vindicatif si on assimile le jeu vidéo à un passe-temps pour gamins ou adultes immatures. Pour moi, il est tout autant industrie culturelle et art que le sont le cinéma ou même la littérature. Avec ses navets, ses produits sans âmes et/ou mercantiles, mais aussi ses petits chef d’œuvres. Cet art est encore très jeune, loin d’être arrivé à maturité, mais il a un sacré potentiel. Et je l’aime d’amour.

D’ailleurs, j’en profite pour passer un message si un creative director ou tout autre développeur tombe sur cette page : participer au scénario d’un jeu vidéo est actuellement un de mes vœux les plus chers.

Quand on tire, on raconte pas sa vie !

Et là, je me rends compte que j’ai réussi à faire plus long et soporifique qu’un monologue de l’inspecteur Derrick. Ça ne vous surprendra donc pas si je confesse avoir une toute légère propension à digresser à partir d’un rien. Quoi qu’il en soit, je m’en excuse et vous remercie d’avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout. Sur ce,

see you space cowboy…